De Sujee Godard
ISBN : 9782490855872
200 pages
Editions Double ponctuation

Résumé
Tout commence avec une image : une petite fille de deux ans, déposée dans une famille qui n’est pas la sienne, tenant un pissenlit dans la main, souriant à l’objectif. C’est comme ça que Sujee Godard entre dans ce livre, et qu’elle nous entre dans le cœur. Placée en famille d’accueil à deux ans, elle grandit à la campagne, dans une ferme isolée. Entre les champs, les bois, les silences et les non-dits, elle traverse l’enfance et l’adolescence avec ce sentiment permanent d’être « à côté ». Plus tard, elle part pour Paris, et finit par revenir par l’écriture, sur ces années qui l’ont construite. « Le Joli-Bois » est une autofiction inspirée de son vécu, un texte tout en subtilité qui ne fait pas le procès des familles d’accueil, mais parle avant tout de l’enfance, et de celles qui furent marquées par la violence.
Mon avis
Franchement, je ne m’attendais pas à être autant touchée. J’ai lu les 200 pages quasiment d’une traite, sans m’en rendre compte, portée par une voix qui dit les choses simplement, avec justesse, sans jamais forcer. C’est beau, c’est dur, c’est lumineux. Le Joli-Bois n’est pas un récit qui crie ou accuse, c’est un livre qui murmure, qui regarde en face et qui dit les choses avec une justesse bouleversante. C’est une œuvre d’une grande sensibilité, portée par une écriture simple, pure et très imagée, qui fait résonner chaque émotion. On y sent une vérité brute, une mémoire qui remonte, mais aussi une forme de paix retrouvée. Ce n’est pas seulement l’histoire d’une enfance placée, c’est une réflexion universelle sur l’identité, l’appartenance, la famille celle que l’on vous donne, celle que l’on se fait, et la force de résilience.
Ce que j’ai aimé
Sujee Godard choisit les mots comme on choisit ses batailles, avec soin. Et c’est précisément ce qui rend le récit si fort. Chaque phrase pèse son poids.
Le regard de l’enfant, car, on voit le monde à travers ses yeux à elle, a façon de s’émerveiller d’un pissenlit, sa solitude, ses incompréhensions, mais aussi cette force intérieure qui ne la quitte jamais. On s’attache à elle immédiatement.
Le bois, la ferme, la campagne, tout cela ne représente pas qu’un simple décor. C’est un espace vivant, ambivalent, à la fois refuge et prison, liberté et frontière. C’est magnifiquement rendu.
L’absence de jugement. Ce qui m’a le plus frappée, c’est ça. Elle ne condamne personne. Elle raconte ce qu’il y a eu de doux et ce qu’il y a eu de difficile, avec une humanité qui donne au texte une profondeur rare. On sent que ça lui a coûté d’écrire ça, et en même temps, que ça l’a libérée.
Mon ressenti
On n’est pas dans une narration linéaire classique. Le texte se construit comme une mémoire qui remonte par fragments, par images, par sensations. Le pissenlit du début, les arbres, les chemins, tout devient symbole. C’est une écriture de la trace, de ce qui reste quand les mots manquaient encore.
On est sur des thèmes qui résonnent. L’enfance placée, ce que ça fait de grandir sans ses parents, dans une famille qui n’est pas la sienne, de ne pas savoir vraiment d’où l’on vient ni où est sa place. La violence aussi, qui n’est pas toujours criée, elle est dans les silences, les paroles maladroites, les règles trop strictes. Et puis la résilience, cette façon de transformer la douleur en force, de se construire malgré tout et même grâce à tout ça.
En bref
« Le Joli-Bois », une enfance racontée sans détour mais avec une infinie délicatesse. Une quête d’identité, un chemin vers soi, une ode discrète à la résilience.

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