De Céline Borrelli

ISBN : 978B0FQ5Q9CKR

Résumé

Au cœur d’un petit village, vivent Rose et Augustin, Eugène, veuf depuis peu, et bientôt Florent et Emma, le nouveau médecin et sa femme enceinte.

Tout bascule quand Marguerite, l’amie de toujours, la femme d’Eugène, disparaît brutalement. Anéanti, Eugène n’a plus qu’une idée en tête, la rejoindre. Rose, dévouée et inquiète, refuse de le laisser sombrer. Elle passe une petite annonce. Elle cherche quelqu’un pour veiller sur lui, l’aider au quotidien, le sortir de son isolement.

C’est alors que débarque Joëlle, dite Jo, jeune femme rousse de 30 ans, qui fuit une vie de violence et de contrôle. Sans famille, sans attache, elle arrive avec pour seul bagage une valise et une envie folle de tout recommencer. Elle va s’installer chez Eugène, entre défiance et maladresse, et peu à peu, ces deux êtres blessés vont s’apprivoiser.

Autour d’eux, les liens se tissent et se défont. Cédric, le fils de Rose, en peine d’amour, Emma, qui cache un mal-être profond derrière sa grossesse, Suzy, la secrétaire du médecin, elle aussi marquée par la vie. Tous, chacun à leur manière, vont trouver refuge et soutien dans cette petite communauté, portés par la mémoire de Marguerite, femme lumineuse qui, même partie, continue de les guider.

Entre deuils, espoirs, secrets et renaissances, ce roman raconte comment la vie continue, comment l’amitié, la solidarité et la tendresse peuvent panser les blessures les plus profondes.

Mon avis

« Chez Marguerite » est un roman d’une grande sensibilité, une plume douce, authentique et profondément humaine. L’autrice nous invite à pousser la porte d’un petit monde rural, celui de l’impasse du Chêne vert, où la vie n’est pas toujours simple, mais où l’entraide et la bienveillance deviennent des valeurs essentielles.

Si les thèmes abordés sont lourds, deuil, violence conjugale, solitude, précarité, difficultés familiales, ils sont traités avec une telle justesse et une telle délicatesse que jamais le récit ne devient sombre ou oppressant.

Au contraire, Céline Borrelli transforme ces épreuves en cheminements de guérison, de résilience et de renaissance. Comme le laisse deviner la couverture haute en couleur, ce livre est une lumière, il montre que même après la tempête, la vie reprend, belle et riche.

Ce qui fait la force de ce roman, ce sont ses personnages. Tous sont cabossés par la vie, imparfaits, attachants, et tellement vrais.

Eugène est peut-être celui qui m’a le plus touchée. Ce vieil homme de 76 ans, veuf depuis peu, qui a passé plus de cinquante ans auprès de Marguerite. Il a perdu le goût de vivre, se referme sur lui-même, cache sa douleur derrière des airs aigris et un caractère bien trempé, mais on devine aussitôt le cœur énorme qu’il cache. Ses lettres d’amour, écrites à sa femme disparue, sont d’une beauté et d’une émotion rares. Elles sont le cœur battant du livre.

Joëlle (Jo), trente ans, fuit une vie de violence et de contrôle. Sans attache, sans famille, elle débarque ici avec pour seul bagage son courage et son envie de s’en sortir. Elle est le miroir d’Eugène, deux âmes meurtries que tout oppose, et que le destin va rapprocher. Leur relation, maladroite, pleine de silences et de petites attentions, est d’une justesse bouleversante. Ils s’apprivoisent, se soutiennent, se reconstruisent l’un par l’autre, sans jamais rien attendre en retour. C’est ce duo improbable qui m’a le plus émue.

J’ai aussi beaucoup aimé les autres habitants de l’impasse du chêne vert.

Rose, la voisine au caractère bien trempé, qui n’hésite pas à s’imposer quand il le faut, dévouée à ses proches et hantée elle aussi par le manque de son amie Marguerite.

Augustin, son mari, plus discret, toujours dans l’ombre, mais d’une douceur et d’une présence précieuse.

Cédric, le fils de Rose, homme blessé par l’amour, généreux et bienveillant, qui agit comme un fils pour Eugène.

Suzy, la secrétaire du médecin, qui a elle aussi traversé des épreuves et devient une lumière pour Jo.

Florent et Emma, le jeune couple nouvellement installé, qui lutte contre ses propres démons, notamment la dépression prénatale, un sujet rarement abordé avec autant de sincérité.

Tous ces personnages, chacun à leur manière, tissent des liens qui dépassent les liens du sang. Ils forment une famille de cœur, celle que l’on choisit, celle qui se construit dans l’épreuve et dans le partage. C’est ce message que l’on peut toujours trouver du soutien, de l’amour et sa place quelque part , qui est le plus beau dans ce livre.

Céline Borrelli nous rappelle que la vie est faite de blessures, mais aussi de secondes chances, de rencontres qui changent tout, et de solidarités inattendues.

Même si certains fils de l’intrigue sont assez prévisibles, on se laisse porter avec bonheur par la douceur du récit. C’est un roman feel-good au sens noble du terme, il ne révolutionne pas la littérature, mais il fait exactement ce qu’on attend de lui, il réchauffe le cœur, il émeut, il donne de l’espoir.

En bref

« Chez Marguerite » est une très belle découverte, parfaite pour un moment de lecture doux et réconfortant. C’est l’histoire de gens simples, qui traversent des épreuves, et qui s’en sortent parce qu’ils ne sont pas seuls. Une plume sensible, des personnages inoubliables, un message lumineux. Je vous recommande vivement ce livre, surtout si vous aimez les récits qui parlent de l’humain, tout simplement.

Lecture dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus 2026 – Catégorie blanche

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