D’après l’oeuvre de Ken Follet par Didier Alcante,dessins de Steven Dupré

L’Angleterre du XIIe siècle sert de décor entre guerre civile, famine et querelles de pouvoir. C’est là que démarre un chantier démesuré, la cathédrale de Kingsbridge. La bande dessinée suit les trajectoires croisées de Tom le bâtisseur, du prieur Philip, d’Aliena et du jeune Jack, et tente de retrouver l’ampleur épique, religieuse et politique du roman de Ken Follett.
Mon avis
Transformer un pavé de plus de mille pages en bande dessinée, il fallait l’oser. À la lecture, le résultat me laisse partagé.
Du bon côté, le travail d’adaptation d’Alcante tient debout. L’intrigue file sans accroc, les grands enjeux du roman sont là, et la documentation historique ne prend pas l’eau. Steven Dupré dessine des décors médiévaux et des chantiers avec une précision qui force le respect. Certaines planches sur le travail des bâtisseurs sont vraiment belles.
Le format, lui, impose ses limites. Il faut couper, et le récit devient très dense. Trop d’informations, trop de personnages qui défilent. On peine parfois à retrouver la profondeur émotionnelle du livre. Les scènes s’enchaînent vite, ce qui donne à l’ensemble un air un peu instructif, presque académique, et l’attachement aux protagonistes en pâtit. Le dessin, très classique, manque aussi parfois d’un grain de folie ou d’un élan poétique pour faire vibrer cette grande saga.
Ce que j’en retiens
C’est une adaptation appliquée, la condensation est réussie et l’univers de Ken Follett restitué avec fidélité.
Un rendu visuel inégal, sur de superbes décors architecturaux, mais une mise en page et un trait très classiques, qui manquent parfois d’immersion dramatique.
Le rythme très soutenu, parfait pour réviser l’histoire de Kingsbridge, un peu court pour créer une vraie empathie avec les personnages.
En bref
Une bande dessinée correcte et très documentée, qui plaira aux amateurs de récits historiques rigoureux ou à ceux qui veulent retrouver l’œuvre de Ken Follett sous une forme condensée. Ceux qui cherchaient la puissance émotionnelle et le souffle du roman original risquent en revanche de trouver l’ensemble trop sage. Une lecture intéressante, qui ne remplace pas le livre.
Même si la magie du pavé original n’a pas totalement opéré sur moi, la curiosité reste présente et je lirai très certainement les tomes suivants pour voir comment évolue la suite du chantier !







Laisser un commentaire