Hervé Bazin, adapté par Frédéric Rébéna
Bande-dessinée

Résumé
Jean Rezeau, surnommé Brasse-Bouillon, grandit avec ses deux frères dans une famille où l’enfance est loin d’être un long fleuve tranquille. Leur mère, Paule Rezeau, qu’ils surnomment « Folcoche », leur impose une éducation extrêmement dure et cruelle, faite de brimades, de privations et de peur. Face à cette autorité écrasante, Jean va alors peu à peu entrer en rébellion contre cette mère qui semble déterminée à leur rendre la vie impossible.
Mon avis
Juste magnifique!!
Je connaissais évidemment « Vipère au poing » d’Hervé Bazin, mais cette adaptation en bande dessinée m’a permis de redécouvrir cette histoire sous un autre regard.
Et quelle histoire !
Dès les premières pages, j’ai été frappée par l’ambiance particulièrement sombre qui se dégage de l’album. Ici, pas besoin d’en faire trop, les silences, les regards, les expressions des personnages et les scènes de famille suffisent à faire ressentir toute la tension qui règne dans cette maison.
Folcoche porte particulièrement bien son surnom. C’est un personnage que l’on a du mal à oublier tant sa froideur et sa cruauté sont marquantes. Mais ce que j’ai apprécié, c’est que l’adaptation ne se contente pas de nous montrer une mère monstrueuse. On perçoit aussi les rapports de force, les failles et toute la complexité de cette famille.
Le dessin de Frédéric Rébéna participe énormément à cette atmosphère. Son trait assez sombre, les nombreuses scènes dans l’ombre et les couleurs à l’aquarelle donnent au récit une véritable tension. J’ai trouvé que le choix graphique correspondait parfaitement à la dureté de l’histoire.
J’ai également aimé le fait que cette BD rende l’œuvre accessible à ceux qui n’ont jamais lu le roman. Bien-sûr, le format impose de condenser certains éléments et de laisser de côté une partie des nuances du texte original, mais l’essentiel est là. La violence des relations familiales, la souffrance des enfants et surtout cette volonté de révolte de Jean.
Ce qu’il faut retenir
Ce qui m’a le plus marquée dans cette adaptation, c’est finalement cette impression d’étouffement qui accompagne les personnages. On comprend très vite que Jean et ses frères évoluent dans un environnement où ils doivent constamment se méfier, encaisser et trouver des moyens de résister.
La bande dessinée permet aussi de mettre immédiatement des visages et des expressions sur cette histoire. Certaines scènes sont particulièrement fortes simplement grâce au dessin, sans avoir besoin de beaucoup de texte.
J’ai trouvé que Frédéric Rébéna avait réussi à conserver l’essence du roman d’Hervé Bazin tout en proposant sa propre lecture de cette œuvre. Une adaptation qui peut donner envie de découvrir ou de redécouvrir le roman original. C’est d’ailleurs l’un des intérêts de ce genre d’adaptation, c’est de faire revenir certaines grandes œuvres vers des lecteurs qui ne seraient peut-être pas allés spontanément vers le texte original.
En bref
Une adaptation sombre et réussie d’un grand classique de la littérature française. J’ai aimé retrouver Jean, ses frères et surtout cette terrible Folcoche, tout en découvrant l’interprétation graphique de Frédéric Rébéna. Une BD qui se lit facilement, mais dont certaines scènes restent longtemps en tête.
Une histoire de famille, de souffrance et surtout de révolte, qui n’a décidément rien perdu de sa force.

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