Franck Membribe
EAN : 2369071265
202 pages
(Service Presse, merci à l’auteur pour sa confiance)

Résumé
Dans Fugue en sous-sol, je découvre Edwin, un employé modèle qui mène une existence parfaitement rangée. Il est ce citoyen irréprochable que la société attend : travailleur sérieux, contribuable scrupuleux et voisin sans histoires. Pourtant, derrière cette façade se cache un profond malaise. Edwin a le sentiment d’être enfermé dans une vie qui ne lui correspond pas.
Un jour, à bout de souffle et proche du burn-out, il décide de fuir. Littéralement. Il quitte son bureau par la fenêtre, persuadé de prendre enfin la tangente et de retrouver un peu d’air, un peu de liberté.
Mais sa fuite ne se passe pas comme prévu.
Edwin se retrouve alors dans un immeuble étrange, totalement clos, peuplé d’habitants aussi singuliers qu’inattendus : une fillette livrée à elle-même qui semble chercher une figure paternelle, une veuve sicilienne pleine de caractère, un ancien militaire complotiste, une influenceuse, des dealers, une prostituée, un épicier méfiant ou encore un passionné de jeux vidéo.
Pris au piège dans ce lieu mystérieux où les règles semblent différentes de celles du monde extérieur, Edwin va devoir comprendre où il se trouve… et surtout comment en sortir.
Mais dans cet étrange microcosme, chaque rencontre et chaque couloir semblent soulever davantage de questions que de réponses.
Mon avis
J’ai passé un très bon moment avec Fugue en sous-sol. C’est un court roman qui se lit très rapidement, mais qui parvient à installer une atmosphère particulière et intrigante.
Dès les premières pages, je sentais comme si quelque chose ne tournait pas rond dans cet immeuble, mais il m’étais impossible de comprendre immédiatement quoi. Cette impression de mystère constant donne envie de continuer la lecture pour découvrir ce qui se cache réellement derrière cette situation.
J’ai particulièrement apprécié la manière dont l’auteur installe le suspense. Il ne s’agit pas d’un suspense spectaculaire, mais plutôt d’une tension psychologique qui se glisse progressivement dans le récit. On avance dans l’histoire avec Edwin, avec les mêmes interrogations et la même confusion que lui.
La plume de Franck Membribe est fluide et efficace. On se laisse porter par l’histoire sans même s’en rendre compte, et les pages défilent très facilement.
La fin, quant à elle, apporte un éclairage nouveau sur l’ensemble du récit. C’est une chute surprenante qui invite à repenser ce que l’on vient de lire.
Ce que j’ai aimé
Ce qui m’a le plus plu dans ce roman, ce sont les personnages.
L’immeuble dans lequel Edwin se retrouve est habité par une galerie de figures très variées, qui représentent presque une mosaïque de la société actuelle. Chacun a sa personnalité, ses failles et ses propres contradictions.
J’ai particulièrement aimé la fillette et sa famille un peu bancale. Elle apporte une dimension touchante au récit, notamment à travers son besoin évident d’une figure paternelle. Sa relation avec Edwin crée de jolis moments assez émouvants.
J’ai aimé la vieille dame aux panisses. Ce personnage apporte une touche à la fois chaleureuse et singulière qui enrichit l’univers du roman.
J’ai aussi apprécié le fait que l’on retrouve dans cet immeuble des profils très différents comme un complotiste convaincu, une influenceuse, un ancien militaire, des dealers ou encore un accro aux jeux vidéo. Tous ces personnages donnent vie à ce lieu étrange et participent au mystère.
Enfin, j’ai aimé le personnage d’Edwin lui-même. C’est quelqu’un de très humain, auquel il est facile de s’identifier. Son sentiment d’être coincé dans une vie qui ne lui convient pas, malgré son rôle de citoyen exemplaire, est une idée assez forte.
Analyse
Au-delà de son intrigue, Fugue en sous-sol peut aussi se lire comme une réflexion sur la société contemporaine.
L’immeuble dans lequel Edwin se retrouve agit presque comme une métaphore : un espace fermé où se côtoient différentes facettes de notre monde actuel. Les personnages représentent chacun, à leur manière, certains excès ou certaines dérives de notre époque comme le complotisme, l’influence des réseaux sociaux, les fractures sociales ou encore l’isolement des individus.
Le roman aborde également la question du rôle que nous jouons dans la société. Edwin s’est toujours conformé à ce que l’on attendait de lui : être un employé sérieux, un citoyen irréprochable, quelqu’un qui rentre dans le moule. Pourtant, derrière cette image parfaite, il ressent un profond sentiment d’insatisfaction.
Sa fuite devient alors une tentative de reprendre le contrôle de sa vie.
Mais le roman semble poser une question intéressante : peut-on vraiment échapper à ce que l’on est et à la société dans laquelle on évolue ?
Enfin, j’ai trouvé que le doute était un élément central du récit. Tout au long du roman, on avance avec cette sensation étrange qu’il manque une pièce au puzzle. Cette incertitude permanente renforce l’atmosphère et maintient l’intérêt jusqu’à la dernière page.

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