De Faahtou Kamara
ISBN : 9784452763584
85 pages
(Service Presse Non Rémunéré) – Merci à l’auteure pour sa confiance

Résumé
« Amour contraire » n’est pas un simple recueil de poésie. C’est vraiment un diptyque émotionnel qui explore les deux faces d’un même sentiment : aimer.
Le livre se divise en deux parties qui se répondent en miroir.
Dans « Fervente d’amour », l’autrice célèbre l’amour dans ce qu’il a de lumineux et presque universel. À travers une succession de métaphores, l’amour comme une mer calme, une pluie fine, un phare dans la tempête, elle tente de définir ce sentiment insaisissable. C’est une vision presque métaphysique de l’amour : il sauve, il éclaire, il guérit.
Puis vient « À défaut d’amour », et le ton change complètement. On entre dans une suite de confidences adressées à quelqu’un qui ne les lira peut-être jamais. Ici, il est question d’amour inachevé, d’évitement, de lien suspendu, d’histoire qui n’a jamais vraiment commencé. C’est plus intime, plus psychologique, plus fragile.

Mon avis
Je dois être honnête : je ne suis pas une grande habituée des recueils de poésie, et encore moins de la poésie amoureuse. Ce n’est pas spontanément le genre vers lequel je me tourne. Pourtant, j’ai abordé « Amour contraire » avec curiosité, et j’ai accepté de me laisser porter.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est cette construction en écho. Le titre Amour contraire prend tout son sens entre ces deux mouvements : d’un côté, le don total ; de l’autre, la retenue imposée par l’absence.
J’ai ressenti le premier livre comme une tentative de nommer l’innommable. L’autrice accumule les images sensorielles pour approcher quelque chose qui, finalement, échappe toujours aux mots.
Le second livre m’a semblé beaucoup plus introspectif. On y retrouve la figure de “l’évitant” , celui qui aime mais se retire pour respirer et en parallèle, la résilience de celui qui reste. Il y a une idée forte qui traverse ces pages : l’amour ne dépend pas de la réciprocité pour exister. Il appartient à celui qui le ressent. Il transforme intérieurement, même s’il ne prend pas forme à deux.

Ce que j’ai aimé
J’ai vraiment aimé passer de l’effervescence presque solaire du premier livre à la profondeur mélancolique du second. Cette bascule donne du relief au recueil. On ne reste pas dans une seule couleur émotionnelle.
L’écriture est accessible, fluide, sans recherche excessive d’effets. Et pourtant, certains vers m’ont touchée.
L’autrice parvient à dire des choses complexes avec des mots simples. Et ce n’est jamais facile.
La conclusion m’a particulièrement touchée. Cette idée de paix choisie, de redécouverte de soi, de lumière intérieure même après un amour suspendu. Je trouve que c’est un message fort. On est loin du romantisme dramatique. Ici, l’amour devient presque un chemin vers soi.

Ce que j’ai moins aimé
Je reste honnête : dans le premier livre, la répétition de la structure « Amour est… » crée un rythme presque incantatoire. Au début, j’ai trouvé cela très beau, presque hypnotique. Mais sur la longueur, j’aurais aimé davantage de variations formelles.
Et finalement, je me suis rendu compte que cette répétition n’était pas propre au premier livre. Dans le second, la formule « Même quand… » revient elle aussi comme un refrain. Là encore, l’effet est puissant : il insiste, il martèle l’idée que l’amour survit à tout.
La différence, c’est que dans le premier livre, la répétition célèbre.
Dans le second, elle résiste.
À force d’insister, le texte finit par s’installer dans une zone très homogène émotionnellement. Il manque parfois une rupture, une dissonance, une surprise. Quelque chose qui vienne bousculer le lecteur, le déstabiliser un peu.
Je comprends le parti pris : cette répétition crée une forme d’obsession, presque une respiration constante. Mais en tant que lectrice, j’aurais aimé davantage de variations, de contrastes, de tension. Cela aurait donné encore plus de relief à l’ensemble.
Pour ma part, j’ai apprécié l’intention, mais j’aurais aimé, par moments, être surprise par une rupture, un souffle différent.
Par moments, j’aurais aussi voulu en savoir un peu plus sur “l’autre” dans la seconde partie. Les murs, les labyrinthes, l’évitement… Tout cela est évoqué, mais reste volontairement flou. Je comprends le choix du silence, il est cohérent avec le thème, mais en tant que lectrice, j’aurais aimé percer un peu plus le mystère.

Ma conclusion
Je pense que « Amour contraire » est un livre qui parlera profondément à celles et ceux qui ont vécu un amour suspendu, un lien sans suite, un sentiment resté en silence.
C’est un livre qui ne cherche pas à résoudre le paradoxe de l’amour. Il choisit de l’accepter.
Et honnêtement, c’est un recueil que je recommanderais pour sa sincérité, sa douceur et la lumière discrète qu’il laisse après lecture.


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