Par Imène Jordo & Tom Jordo

ISBN : 9782322598359
238 pages

Service Presse – Merci aux auteurs pour leur confiance

Résumé

Quand Jérémy pousse pour la première fois la porte du cabinet d’Ester, sa psychologue, il ne confie presque rien. Le regard fuyant, la nervosité à fleur de peau, il évoque vaguement un stress professionnel, comme on poserait un masque sur une plaie trop profonde. Mais derrière cette banalité apparente, quelque chose vacille.

Au fil des séances, entre silences pesants et aveux fragmentaires, un passé enfoui refait surface : des douleurs fulgurantes au ventre, des angoisses omniprésentes, une enfance marquée par l’ombre. Une mémoire que le corps, lui, n’a jamais cessé de porter.

Face à lui, Ester tente d’exhumer une parole longtemps enterrée.

Et puis il y a Hélène, la meilleure amie, présence constante et lumineuse, qui s’acharne à l’aider à retrouver le fil de lui-même.


Entre la fuite et la lutte, « Un katana dans le ventre » explore la bataille intime d’un homme contre les fantômes du passé, l’ambiguïté des liens, et la difficile conquête de soi. Un récit bouleversant sur la honte, la résilience, et la possibilité ténue d’une lumière, même au cœur de la nuit, à condition d’oser saisir les mains tendues.

Mon avis

« Un katana dans le ventre » fait partie de ces romans qui frappent dès le premier regard. Son titre, d’une violence presque visuelle, évoque immédiatement une douleur intime, tranchante, impossible à ignorer. Derrière cette image forte se cache un récit qui ne se limite pas à raconter une histoire, mais interroge ce que signifie se relever lorsque quelque chose, en nous, a été irrémédiablement entamé.

Le roman nous entraîne alors au cœur de l’intériorité d’un être profondément meurtri.

Ici, le « ventre » dépasse largement sa dimension anatomique : il devient le lieu de la fragilité absolue, celui où se logent les peurs, la honte et les blessures anciennes. À travers une écriture tantôt sensible, tantôt incisive, les auteurs déploient une quête de sens après un traumatisme dont les contours se dessinent progressivement, sans jamais être totalement exposés.

Ce qui marque durablement, c’est la capacité du texte à métamorphoser la souffrance en matière littéraire. Les phrases oscillent entre tension et apaisement, comme si elles épousaient le mouvement même de la guérison. La honte, loin d’être figée dans une posture paralysante, devient un point de bascule : regarder la faille en face, accepter la profondeur de la douleur, pour peut-être entrevoir une lumière modeste, sans promesse de réparation totale, mais ouverte sur l’avenir.

Le roman rappelle avec justesse que la résilience n’est ni instantanée ni spectaculaire. Elle se construit lentement, à travers une transformation du regard porté sur soi et sur le monde.

En somme, un roman puissant et profondément humain, qui invite à considérer la vulnérabilité non comme une faiblesse, mais comme un point d’ancrage possible pour renaître.

J’ai apprécié la finesse avec laquelle est décrite la lutte intérieure : l’envie de fuir, la peur de se souvenir, la honte qui entrave, mais aussi l’effort, fragile, parfois vacillant , pour reprendre possession de sa propre histoire.

L’écriture avance par touches, laissant une empreinte durable plutôt qu’un choc immédiat. Ici, pas de miracle ni de salut spectaculaire, mais un chemin escarpé, jalonné de chutes et de présences salvatrices, où la résilience se construit pas après pas.

« Un katana dans le ventre » est un récit bouleversant, d’une grande humanité, qui rappelle que la lumière peut surgir même au cœur de l’obscurité, à condition d’oser la regarder et, surtout, d’accepter l’aide offerte. Un roman qui ne se contente pas de dire la souffrance, mais lui donne une forme, une voix, et une possibilité d’apaisement.

La souffrance s’installe dans les non-dits, dans les silences, dans ce corps qui parle avant même que les mots ne puissent émerger. Jérémy n’est ni un héros, ni une victime figée : il est un homme en lutte, pris entre le désir de fuir et la nécessité de comprendre.

La construction autour du huis clos thérapeutique fonctionne particulièrement bien. Chaque séance est une avancée fragile, parfois une rechute, parfois une percée minuscule mais essentielle. Le roman montre avec finesse que la reconstruction n’est jamais linéaire, et c’est précisément ce réalisme-là qui le rend si humain.

Ce que j’ai aimé

La mémoire du corps : le traitement de la mémoire traumatique est l’un des grands points forts du roman. Les douleurs abdominales de Jérémy, ce « katana » planté dans le ventre, incarnent à merveille cette idée que le corps n’oublie jamais ce que l’esprit tente d’enfouir. Cette approche, à la fois littéraire et psychologique, donne une profondeur rare au récit.

Les mains tendues : Ester et Hélène. Elles ne sont pas de simples personnages secondaires. Elles incarnent deux formes essentielles de soutien : la patience clinique, attentive, presque silencieuse d’Ester et la lumière obstinée d’Hélène, l’amitié qui tient bon même quand l’autre vacille.
Le roman pose une question fondamentale : comment accepter l’aide quand on a appris à se taire pour survivre ?

Les chapitres courts, les dialogues serrés, les silences éloquents créent une tension constante.

Malgré la noirceur des thèmes abordés, le roman n’est jamais désespérant. Il laisse entrevoir une lumière fragile, jamais garantie, mais possible. La résilience n’y est pas idéalisée : elle est lente, douloureuse, imparfaite, et donc profondément crédible.

Cette lecture m’a marquée aussi parce qu’elle m’a renvoyée à des fragments de vécu, à des sensations et des silences que je croyais lointains. Sans jamais être démonstratif, le roman met des mots sur des états intérieurs difficiles à formuler, et c’est précisément cette reconnaissance intime qui rend la lecture si bouleversante.

« Un katana dans le ventre » s’adresse aux lecteurs et lectrices qui aiment les romans psychologiques, les récits de reconstruction, les textes qui explorent les liens entre le corps et l’esprit. Si vous êtes sensible aux histoires de mémoire traumatique, de secrets enfouis et de résilience discrète, ce livre vous parlera forcément.

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