Le témoignage de mon père qui n’aurait pas dû survivre à cinq camps de la mort

De Pascal Caillé

EAN : 9782487695009
305 pages

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Résumé

La fugue de Barbarie n’est pas un roman, mais un témoignage qui se lit avec l’intensité d’une grande œuvre narrative. Le livre s’ouvre sur le retour en France, le 16 juin 1945, d’un homme qui a survécu à l’impensable après quatorze mois d’internement dans une succession de camps nazis : Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Flossenbürg, Hersbruck et Dachau.

Plus qu’une simple chronologie historique, ce livre retrace le combat pour la vie : comment la volonté devient l’ultime forme de résistance face aux humiliations et à la déshumanisation. Mais le récit ne s’arrête pas à la libération ; il explore également « l’après », ce long chantier intérieur où il faut tenter de se reconstruire avec des blessures qui ne cicatrisent jamais tout à fait.

C’est le récit d’une lutte du corps et de l’esprit pour ne pas céder à l’inhumanité, mais aussi l’histoire d’un homme qui, après l’horreur, doit apprendre à vivre encore.

Mon avis

Ce livre n’est pas le genre vers lequel je me tourne d’ordinaire. Et pourtant, dès les premières pages, j’ai senti qu’il m’entraînait bien au-delà d’un simple récit historique : nous traversons l’Histoire à ses côtés, luttons avec lui pour sa survie, vivons ses émotions à vif, presque comme si un ami nous confiait ses pires cauchemars à voix basse, sans filtre.

Ce qui m’a profondément touchée, c’est le sentiment de proximité. Le texte est direct, sans détour pour ménager le lecteur. Il ne cherche pas à attendrir ni à édulcorer : il dit les choses telles qu’elles ont été, brut, vrai, et parfois incroyablement douloureux.

C’est une écriture qui prend aux tripes, qui réveille, émeut et rappelle jusqu’où la haine et l’ignorance peuvent mener.

Ce témoignage, à la fois intime et historique, rappelle avec force que la mémoire de la barbarie nazie est une responsabilité vivante, que se rappeler, comprendre et transmettre n’est jamais anodin.

Ce que j’ai aimé

J’ai aimé la plume de Pascal Caillé, qui ne se contente pas de raconter : elle fait voir. Chaque scène prend forme devant les yeux du lecteur, avec la clarté d’un film et la force d’un témoignage authentique. Les sensations, les gestes, les peurs et les instants de résistance intérieure sont rendus avec un réalisme saisissant.

J’ai aimé la proximité émotionnelle, ce sentiment d’être aux côtés du narrateur, témoin intime de ce qui dépasse l’entendement, comme si l’on partageait son souffle, minute après minute.

Le fait que l’auteur ne cherche pas à “adoucir” l’histoire : il la donne dans sa vérité la plus nue. C’est dur, évidemment , mais c’est aussi ce qui fait la force du livre. Il ne ménage pas le lecteur parce qu’il ne ménage pas la mémoire.

Une dimension pédagogique renforcée. La présence, à la fin de l’ouvrage, d’une frise chronologique , ajoute au récit une rigueur documentée qui aide à situer chaque étape, chaque camp, chaque moment de cette fugue au cœur de l’inhumain.

En bref

La fugue de Barbarie est un livre dur, profondément humain, et nécessaire. Il nous rappelle non seulement ce que l’histoire a été, mais aussi ce que cela continue de signifier pour chacun d’entre nous. Pour celles et ceux qui acceptent une lecture exigeante, capable de mêler émotion et compréhension, ce témoignage est une œuvre marquante à lire, à partager, à ne jamais oublier.

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