De Jeanne Espalioux
EAN : 9791098035401
344 pages

Résumé
Angèle, jeune mère, passe un après-midi tout ce qu’il y a de plus ordinaire au Parc Floral de Vincennes avec sa fille Nélia. Mais en une fraction de seconde, tout change : le temps de consulter son téléphone, l’enfant disparaît. Panique, culpabilité, vertige; Angèle s’effondre intérieurement, tandis que l’enquête débute dans une urgence absolue.
Pourtant, Inconscience n’est pas seulement un thriller sur une disparition.
C’est aussi un roman sur : les blessures d’enfance d’Angèle, sa relation fragile et douloureuse avec sa mère Clara, la manière dont les non-dits façonnent une vie, et tout ce qui remonte à la surface lorsque l’impensable frappe.
Le roman alterne trois lignes narratives :
Le présent, rythmé par l’attente insoutenable et l’espoir de retrouver Nélia.
Le passé, où se dévoilent les tensions mère-fille et les manques affectifs; et la psychologie, à travers les séances de thérapie, où les failles, les regrets et l’inconscient d’Angèle se révèlent.
À mesure que les chapitres s’enchaînent, la vérité se construit : non seulement sur ce qui est arrivé à l’enfant, mais aussi sur la femme qu’Angèle est devenue, et celle qu’elle tente encore de comprendre.
Mon avis
Dès le début du récit, j’ai compris que cette histoire ne me laisserait pas indifférente. Jeanne Espalioux installe un cadre familier, presque banal, avant de l’ouvrir brutalement sur le pire cauchemar d’une mère. Ce contraste est d’une efficacité redoutable : on se retrouve immédiatement plongé·e dans l’émotion brute.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est la précision psychologique du roman.
La disparition de Nélia devient le catalyseur de tout ce qu’Angèle porte en elle :
sa culpabilité, ses blessures d’enfant, ses colères muettes, son sentiment constant d’échec.
Les échanges souvent tendus, parfois déchirants, entre Angèle et Clara sonnent d’une authenticité rare. On sent le poids des années, les mots qui n’ont jamais été dits, et ce manque de tendresse qui a laissé ses traces.
La voix de la psychologue apporte une profondeur supplémentaire. Elle met des mots sur les mécanismes internes d’Angèle, révélant ce que le lecteur ressent sans toujours le comprendre. Cela transforme le thriller en une véritable introspection.
L’écriture est fluide, sensible : chaque phrase porte une émotion, chaque silence résonne.
Jeanne Espalioux ne raconte pas seulement une disparition. Elle raconte une femme qui se cherche, qui tombe, qui remonte, qui apprend à regarder son passé sans détour.
Ce que j’ai aimé
L’immersion émotionnelle, c’est-à-dire que l’on vit chaque seconde avec Angèle : son souffle court, sa confusion, son effondrement intérieur.
La relation mère-fille, entre distance, blessures, jalousies et amour refoulé, ce lien est magnifiquement mis en scène. Leur rapprochement, forcé par la tragédie, est extrêmement touchant.
Le thriller psychologique parfaitement dosé, on tourne les pages pour Nélia, oui,
mais aussi pour comprendre Angèle.
Ce double suspense rend la lecture complètement addictive.
Inconscience est un roman qui secoue, qui dérange, qui fait réfléchir, mais surtout qui touche en plein cœur.
Un mélange puissant entre thriller familial, drame intime et exploration psychologique.

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