De Thomas Bréchemier
EAN : 9782387131539
412 pages
(Service Presse)

Résumé
Rachelle Vermagnin a tout plaqué du jour au lendemain : son uniforme de flic, sa carrière, ses repères. Désormais, elle travaille comme détective privée dans les bas-quartiers de Simargue, une ville où le crime organisé fait la loi et où la police ferme trop souvent les yeux.
Son quotidien est fait d’adultères, de petites magouilles et de disparitions sans éclat, jusqu’au jour où l’épouse de Victor Chappelle, grand patron de l’automobile, vient frapper à sa porte. Inquiète, elle demande à Rachelle de surveiller son mari.
L’enquête commence mollement, sans réelle prise, puis tout bascule : Victor Chappelle meurt dans un incendie. Accident, suicide, meurtre maquillé ? Pour le découvrir, Rachelle va devoir plonger dans les secrets de la famille Chappelle; et dans son propre passé.
Son investigation la conduira des bas-fonds de Simargue aux salons feutrés des puissants, entre corruption, mensonges, loyautés brisées et vieilles blessures. Car pour faire éclater la vérité, Rachelle devra affronter bien plus qu’un simple dossier : elle devra payer, elle aussi, le prix du passé.
Mon avis
J’ai mis un peu de temps à entrer dans l’histoire, mais une fois dedans, Le prix du passé m’a vraiment embarquée.
Thomas Bréchemier signe un thriller psychologique solide, avec une intrigue qui se construit progressivement, élément après élément. On sent qu’il sait où il va, et petit à petit, tout s’assemble de façon logique.
Rachelle est une héroïne que j’ai beaucoup appréciée : à la fois forte et cabossée, avec son instinct de flic, ses failles, ses colères, ses regrets. On la suit avec empathie, que ce soit dans ses confrontations avec les voyous des bas-quartiers ou face aux puissants qui semblent intouchables.
J’ai aussi aimé l’univers de Simargue, cette ville fictive mais très crédible, avec ses zones d’ombre, ses arrangements entre police et crime organisé, ses quartiers pauvres et ses familles richissimes. On sent bien les contrastes sociaux, et cela donne une vraie profondeur au récit.
Dans Le prix du passé, Thomas Bréchemier utilise les oppositions entre les bas-quartiers de Simargue et le monde des élites comme un ressort narratif essentiel. Ces contrastes ne servent pas seulement de décor, ils alimentent l’enquête, complexifient les personnages et soulèvent des questions universelles sur la justice et le pouvoir.
Dès le départ, Rachelle Vermagnin, ancienne flic devenue détective privée, évolue entre deux univers : celui des ruelles sombres, où le crime organisé impose sa loi, et celui des salons feutrés des Chappelle, où les apparences cachent des secrets inavouables. La mort suspecte de Victor Chappelle dans un incendie en est l’exemple parfait. Un tel drame, dans un quartier pauvre, aurait été classé sans suite ; chez les puissants, il déclenche une machine à étouffer le scandale. Rachelle, prise entre ces deux mondes, doit naviguer entre mépris et menaces pour démêler la vérité.
Une fois passée la mise en place, le roman devient vraiment prenant : rebondissements, tensions, révélations sur la famille Chappelle et sur le passé de Rachelle. On a envie de savoir, on tourne les pages pour comprendre ce qui s’est vraiment passé, et à quel prix.
Ce que j’ai aimé
L’enquête avance par petites touches, avec des indices qui semblent d’abord sans importance avant de prendre tout leur sens. On a vraiment l’impression de reconstruire l’histoire en même temps que Rachelle.
Le personnage de Rachelle Vermagnin, une ancienne flic qui se reconvertit, une femme blessée mais déterminée, qui refuse de fermer les yeux. Son passé qui revient la hanter ajoute une belle dimension psychologique au roman. Le lecteur suit Rachelle dans ses allers-retours entre deux mondes, et ressent ses doutes, ses colères, ses victoires éphémères.
Les contrastes sociaux, les bas-quartiers de Simargue, violents et bruts, s’opposent aux milieux huppés où évoluent les Chappelle. Ces deux mondes se croisent, se heurtent, se contaminent, et ça nourrit autant l’intrigue que les enjeux moraux.
L’atmosphère, on sent la ville, ses ruelles, ses bars louches, ses bureaux feutrés, ses arrangements douteux. Simargue devient presque un personnage à part entière.
Enfin, même si le début est un peu lent, l’écriture devient vite addictive. Les chapitres s’enchaînent bien, et on se laisse porter sans effort.
Le prix du passé est bien plus qu’un thriller. C’est une plongée dans les failles d’une société fracturée, où les contrastes sociaux ne sont pas un simple décor, mais l’arme et la blessure des personnages.

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