De Luc Bergougnoux
EAN : 9782848198132
196 pages
(Service Presse, Un grand merci à l’auteur pour sa marque de confiance)

Résumé
Nous sommes en 1934.
L’adjudant Camille Defaux est appelé en urgence à l’abbaye de Pébrac, un lieu qui le replonge dans ses propres souvenirs d’enfance.
Le curé du village a été retrouvé mort dans des circonstances violentes, et très vite, l’affaire prend une tournure plus sombre qu’il ne l’aurait imaginé.
Dans ce village austère où les pierres semblent porter les secrets, les habitants s’observent, se taisent, se méfient.
Defaux progresse entre non-dits, vieilles rancœurs, silences religieux, peurs ancestrales et mystères enfouis dans l’abbaye.
Le passé et le présent s’enchevêtrent, révélant peu à peu les drames anciens qui continuent d’étouffer Pébrac.
Entre enquête policière, lourde atmosphère rurale et mémoire des lieux, Luc Bergougnoux nous entraîne dans un polar historique où les hirondelles, symbole de passage, de cycle et de renaissance, semblent rythmer les destins des personnages.
Mon avis
Le retour des hirondelles est un polar historique immersif, porté par une écriture soignée et descriptive qui permet de visualiser aisément les décors, les ruelles du village, l’abbaye, les caves sombres.
L’auteur a un talent pour rendre vivante une époque et la restitue avec justesse, sans tomber dans le cliché : on entend presque les cloches, on sent l’humidité des pierres, on suit Defaux à travers cette vallée qui cache autant de beauté que de douleurs.
L’enquête en elle-même est intéressante, teintée de secrets de famille et de vieilles blessures qui remontent à la surface. On sent que les lieux ont une âme, presque un poids sur les épaules des habitants.
En revanche, la fin m’a laissée dubitative. Elle est inattendue, oui, impossible de la deviner. Cela crée un effet de surprise, mais aussi un léger sentiment de décalage. Cela n’enlève rien au plaisir de lecture, mais j’aurais aimé une conclusion un peu plus “préparée”.
Pour un polar, j’aurais peut-être souhaité un rebondissement plus fort ou une conclusion plus marquante.
Mais dans l’ensemble, c’est une lecture captivante, riche en ambiance, qui mêle enquête et temporalités.
Ce que j’ai aimé
Les décors rendus avec beaucoup de soin : l’abbaye de Pébrac, ses pierres, ses secrets. L’écriture permet de visualiser facilement.
L’atmosphère historique parfaitement retranscrite : 1934, une Europe qui sent l’orage, un cadre historique qui ajoute de la gravité à l’enquête, entre traditions rurales, tensions politiques et mémoire de la Grande Guerre.
Le personnage de Defaux, solide, humain, attaché à son passé et pourtant lucide sur le monde qui change.
Les habitants de Pébrac sont bien ancrés : chacun a ses zones d’ombre, ses non-dits, ses raisons de mentir. On sent que Bergougnoux les connaît par cœur.
Les relations entre les personnages sont subtiles : alliances fragiles, trahisons, loyautés inattendue. Tout est crédible.
Le mélange entre enquête, souvenirs et secrets enfouis, qui donne à l’histoire une profondeur supplémentaire.
Le mélange de polar et d’histoire intime : les souvenirs d’enfance de Defaux, les secrets qui refont surface, la dimension psychologique.
Le rythme de l’enquête, les croisements de destins, le suspense poli mais constant.
Le thème de la mémoire et du passé qui ne passe pas : j’ai aimé qu’on aborde ce que l’on cache, ce que l’on fuit, et comment cela influence le présent.
Ce que j’ai moins aimé
Comme je l’ai dit, le dénouement m’a laissée sur ma faim. Étant donné le genre (polar), j’attendais un rebondissement plus spectaculaire ou une chute plus saisissante.

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