De Philippe Brieallard
Service Presse Numérique

Résumé
« King(s) » est bien plus qu’un roman sur Elvis Presley : c’est une fresque humaine et poétique, une histoire d’amour fraternel entre deux êtres que tout oppose, mais que le destin a choisi d’unir à jamais.
Eugene Conover, un jeune homme différent, fragile, au regard perdu et à la voix d’ange, et Elvis Presley, le futur King, flamboyant, charismatique, mais profondément marqué par la perte de son jumeau, Jesse Garon.
À travers deux récits entrelacés, Philippe Brieallard nous plonge dans l’enfance partagée des deux garçons à Tupelo, dans le Mississippi des années 1930, où la pauvreté et le racisme rongent les espoirs, mais où la musique et l’amitié offrent une échappatoire.
La naissance d’une légende : Elvis, timide et maladroit, qui découvre sa voix et son pouvoir sur scène, poussé par l’amour inconditionnel qu’il porte à Eugene.
Le poids du destin : Eugene, incapable de surmonter la différence qui le sépare du monde, et Elvis, déchiré entre sa gloire naissante et son attachement viscéral à ce « frère » qu’il a juré de protéger.
Le 16 août 1977 : le jour où le monde pleure la mort du King, et où Eugene, brisé, refuse d’y croire. Comment vivre quand votre raison de respirer disparaît ?
Mon avis
« King(s) » est un roman qui m’a captivée par son originalité et sa profondeur. Philippe Brieallard nous entraîne bien au-delà de l’image figée d’Elvis Presley pour explorer les racines, les liens familiaux et le destin croisé de ceux qui l’ont entouré. C’est un récit fort, bien construit, qui se lit tout seul et qui apporte une perspective nouvelle sur une légende.
Chaque page résonne comme une chanson triste et belle.
J’ai aimé :
Eugene, un personnage marquant c’est lui, finalement, qui porte le roman. Fragile et lumineux, il incarne la différence et la sensibilité avec beaucoup de justesse. Son regard sur le monde apporte une dimension humaine bouleversante, et l’auteur lui offre une vraie place.
Elvis, vu autrement, ici pas de clichés, pas de star arrogante ou d’icône lisse. Philippe Brieallard nous montre l’homme derrière le mythe : un gamin pauvre, complexé, obsédé par l’idée de protéger Eugene, même au prix de son propre bonheur.
On découvre ici un Elvis vulnérable et profondément attaché à son frère. Ce n’est pas l’icône distante, mais un jeune homme pris dans ses contradictions, ce qui le rend plus proche et plus humain.
L’écriture captivante, le style alterne entre réalisme et poésie, avec beaucoup de détails sensoriels : odeurs, musiques, paysages du Sud américain. L’auteur rend parfaitement l’atmosphère des années 30 à 50, et la montée en puissance du rock’n’roll.
La richesse historique et culturelle, la ségrégation, les chants gospel, Beale Street, les débuts d’Elvis avant la gloire… Tout est restitué avec précision, sans lourdeur.
Les personnages secondaires, ils sont travaillés avec soin et apportent une vraie densité au récit : Gladys, la mère d’Elvis, Sam le bluesman, Gloria la mère d’Eugene… Tous ont leur importance et leur voix propre.
Une reconstitution historique immersive, le Mississippi des années 1930-1950 : La Grande Dépression, le racisme, les champs de coton, les églises où l’on chante le gospel… Tout y est, sans misérabilisme, avec une justesse qui force l’admiration.
La naissance du rock’n’roll, avec les premiers accords de guitare, les soirées au Grand Ole Opry, la découverte de Beale Street… On entend la musique à travers les mots.
Elvis avant la gloire avec son premier costume blanc, ses doutes, ses rencontres avec des bluesmen noirs… Tout sonne vrai.
Un récit romancé offrant une perspective différente sur la légende, où un personnage profondément humain apporte un souffle nouveau à l’intrigue.


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